La petite histoire des plaques

 

1901 - 1928
   

Les premières immatriculations (à l'échelle du pays) des véhicules en France sont définies par la circulaire du 11 septembre 1901. Bien qu'un numéro d'ordre à quatre chiffres est pressenti dès le début, c'est finalement trois chiffres qui sont retenus pour des raisons de facilité de lecture. La mise en application intervient le lundi 16 septembre ou bien le 1er octobre selon les arrondissements. Dès le début, la plaque arrière de chaque véhicule doit être éclairée, que ce soit par transparence ou bien à l’aide d'une lanterne.


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Ce système est organisé autour d’un découpage administratif en vogue à l'époque, les arrondissements minéralogiques. Chacun d'entre eux se voit alors attribuer une ou plusieurs lettres caractéristiques.

Affectation des lettres caractéristiques

A : Alais F : Clermont-Ferrand P : Poitiers
B : Bordeaux H : Chambéry R : Arras
C : Chalon-sur-Saône L : Le Mans S : Saint-Étienne
D : Douai M : Marseille T : Toulouse
EGIUX : Paris N : Nancy YZ : Rouen (Versailles)

L'automobile étant encore balbutiante, seules deux séries de 999 numéros sont prévues, selon que l'on redouble ou non la lettre caractéristique. Les arrondissements de Paris et de Rouen, ayant obtenus respectivement cinq et deux lettres caractéristiques, ont évidemment plus de possibilités que les autres arrondissements.

Les arrondissements de Nancy, Poitiers et Marseille se voient malgré tout attribuer assez vite une deuxième lettre caractéristique. Ce sont respectivement les lettres O le 3 mars 1904, K le 21 mai 1904 et V le 22 juillet 1904.

Mais l'automobile prenant une place toujours plus importante, ce choix se révèle vite limité. Aussi, par une circulaire du 6 mai 1905, la possibilité d'ouvrir huit nouvelles séries de 999 numéros est instaurée. Cela est rendu possible en ajoutant un chiffre supplémentaire (2 à 9) après la lettre caractéristique de l'arrondissement. Le chiffre 1 n'a sans doute pas été retenu à cause de l’arrondissement de Paris où les numéros se terminant par II, déjà attribués, auraient pu se confondre avec des numéros se terminant par I1.

Le 1er avril 1909, il est décidé de créer une série spéciale pour les véhicules à vendre. Les seules lettres disponibles sont le J, le Q et le W. C’est finalement cette dernière lettre qui est choisie et qui donne donc naissance à la série W, que l’on retrouve toujours de nos jours. La série WW sera mise en place un peu plus tard, le 9 septembre 1921.

Les formats prévus arrivant à saturation dans l’arrondissement de Paris, des numéros d’ordre à quatre chiffres y sont finalement autorisés par une décision ministérielle du 19 avril 1910. Marseille devra attendre un texte du 5 février 1921 pour pouvoir y passer.

Par la suite, une réorganisation générale des arrondissements minéralogiques est effectuée le 15 novembre 1919. Les immatriculations sont donc également concernées. Certains arrondissements disparaissent alors et fusionnent pour en former un nouveau, d'autres arrondissements changent de chef-lieu et enfin des départements changent d’arrondissement. Bref, une réorganisation assez importante. Un peu plus tard, l’arrondissement de Strasbourg se verra attribuer la lettre J en avril 1922, une des deux dernières lettres encore disponibles.

Affectation des lettres caractéristiques après le 15 novembre 1919

A : Alais L : Nantes
BPK : Bordeaux MV : Marseille (le V n'est plus utilisé après le 7 avril 1921)
CH : Lyon NO : Nancy (le O n'est plus utilisé après le 10 septembre 1920)
D : Douai R : Arras
EGIUX : Paris S : Saint-Étienne
F : Clermont-Ferrand T : Toulouse
J : Strasbourg YZ : Rouen (Versailles)

En ce début de XXe siècle, l’automobile se démocratise vraiment et les véhicules deviennent chaque jour plus nombreux. Aussi, à partir du début des années 1920, le nombre de numéros à attribuer par les services des Ingénieurs en Chef des Mines étant donc de plus en plus important, il est décidé de gérer ces numéros non plus au chef-lieu de l’arrondissement, mais dans chaque département. Des séries de numéros, plus ou moins importantes, sont alors affectées à chaque département par les services de l’Ingénieur en Chef des Mines en fonction des besoins de chaque préfecture.

Et puis finalement, presque 27 ans après sa mise en place, ce système tire sa révérence pour une départementalisation encore plus poussée.

JFŻ