La petite histoire des plaques

 

1950 - 2009

Changement radical dans la numérotation, puisque chaque département est maintenant représenté par un ou deux chiffres et non plus par des lettres, ce qui augmente considérablement le nombre de numéros pouvant être attribués.

C’est donc une circulaire du 11 mars 1950, mise en application le 1er avril, qui définit ces nouvelles immatriculations pour lesquelles les lettres et séries D, I, O, W, AL, CD, MA, TT, TU et WW sont supprimées dans la série normale. Les numéros d’ordre reviennent à trois chiffres, exception faite de Paris où en prévision du nombre élevé des immatriculations, il est prévu un numéro d’ordre à quatre chiffres dès l’origine. Les départements d’Outre-mer reçoivent leur codification à l’été 1950, les départements algériens étant concernés dès le 1er juin 1951.

Finalement, les services du Ministère des Travaux Publics, des Transports et du Tourisme constatent que certains départements avancent trop vite et rendent obligatoire, le 7 novembre 1950, les quatre chiffres pour les départements des Bouches-du-Rhône, de la Gironde, du Nord, du Rhône et de Seine-et-Oise.

Constatant également que pour les neuf premiers départements des doublons existent ou peuvent exister avec les deux systèmes précédents, il est décidé le 21 août 1951 d’accoler le chiffre zéro au numéro du département, sans changement pour les numéros déjà émis. Les départements numérotés 1 à 9 deviennent ainsi 01 à 09.


Photo Frédéric L.

La numérotation des transits temporaires, jusque-là gérée par « port » de débarquement, est départementalisée le 11 février 1954.

Le 20 juillet 1954, c’est au tour des départements du Pas-de-Calais et de la Seine-Inférieure de passer à quatre chiffres. Ce même jour, les séries AL et CD ne sont plus supprimées et donc maintenant normalement attribuées.

Les plaques agricoles, reproduisant le numéro de l’exploitation, sont mises en place le 25 janvier 1956, tandis qu’une renumérotation des départements algériens est effectuée le 1er juillet 1957.

Le 1er janvier 1959, c’est au tour des immatriculations provisoires d’évoluer avec la mise en place des séries actuelles W et WW.

Les plaques réflectorisées sont autorisées dès le 5 novembre 1963, mais elles restent principalement utilisées sur les véhicules utilitaires et notamment les cars.

Les numéros diplomatiques, déjà modifiés le 11 février 1954 avec des plaques vertes et caractères noirs, évoluent une nouvelle fois avec la création du système encore en vigueur de nos jours, ceci en deux temps : le 1er janvier 1965 pour les séries CMD et CD avec des plaques vertes et caractères orangés et le 1er janvier 1966 pour les séries C et K avec des plaques vertes et caractères blancs.

Toujours à cette époque, la codification des nouveaux départements issus du redécoupage de l’Île-de-France est mise en place le 30 mars 1965. Trois d'entre-eux, ceux de la petite couronne, démarrent à quatre chiffres, les deux autres démarrant avec des numéros d'ordre à trois chiffres. Cette mise en place sera étalée dans le temps, comme le montre le tableau ci-dessous.

91 : 3 mai 1965
92 : 20 février 1967
93 : 20 février 1967
94 : 1er octobre 1965
95 : 3 mai 1965

Quant aux fameux « quatre-chiffres », ils sont officiellement proposés à tous les départements à partir du 1er juin 1965, la Haute-Garonne en ayant fait la demande en premier. Mais ce changement reste facultatif et rien n’est précisé concernant la série choisie pour le basculement. Ce sera chose faite le 18 avril 1966 avec la série QA qui est choisie comme première série qui devra avoir quatre chiffres, les départements plus avancés devant utiliser immédiatement ces nouveaux numéros d'ordre. L'Isère est le département qui le fera le plus « tardivement », à la série SA.
L’informatisation de la fin des années 1980 aura finalement raison des numéros d’ordre limités à trois chiffres, certains départements n'ayant alors toujours pas atteint la série QA.

Concernant les séries supprimées dès 1950, il n’en reste plus que deux au tournant des années 1960 : MA et TU. Elles sont finalement autorisées dès le 8 novembre 1966.
 

Au début des années 1970, le département de la Seine arrive bientôt au terme des séries à deux lettres. Il est donc décidé, le 3 janvier 1972, d’autoriser des numéros d’immatriculation à trois lettres. Il est prévu que le numéro 9999 ZZ 75 soit suivi du numéro 1 AAA 75 et ainsi de suite. Le numéro d’ordre revient alors à trois chiffres pour avoir au maximum huit caractères sur la plaque.


Photo Fränk K.

La Corse est découpée en deux nouveaux départements le 1er janvier 1976. Le code départemental 20 cède alors sa place aux codes 2A et 2B.
 

L’attribution des numéros d’ordre comportant un seul chiffre et celui représentant le numéro du département faisant l’objet de trop nombreuses demandes, il est décidé le 22 octobre 1976 d’en supprimer l’utilisation. Chaque série démarre donc maintenant à 11.

Photos Matthieu H.

Deux nouvelles séries temporaires TT et TTT sont mises en place le 1er janvier 1984. La série TTT est d’ailleurs rapidement remplacée par l’actuelle série IT le 7 février 1989. C’est aussi à cette période, le 5 novembre 1984, que la lettre U est supprimée pour les séries à venir, la réimmatriculation obligatoire des séries déjà émises intervenant finalement deux ans plus tard, en 1986 et rappelée le 27 mai 1992. L’informatisation gagne du terrain et est généralisée en 1989.

Les années 1990 voient quelques changements avec la mise en place des immatriculations domaniales actuelles le 1er janvier 1992, avec l’adoption obligatoire des plaques réflectorisées (blanches à l'avant et jaunes à l'arrière) le 1er janvier 1993 ainsi qu’avec la modification du système des immatriculations transits temporaires le 1er janvier 1994.

Les années 2000 voient la mise en place en trois temps (1er septembre 1999, 1er juin 2000 et 1er septembre 2002) des immatriculations export. Le grand changement intervenu durant cette période, et qui préfigura le SIV, a été la mise en application le 1er juillet 2004 de la numérotation concernant les cyclomoteurs et les vélomoteurs de moins de 50 cm3.

Les plaques blanches sont autorisées à l'arrière des véhicules le 27 avril 2007.

Le 14 octobre 2009, après 59 ans et demi de bons et loyaux services, le FNI a cédé sa place au SIV, dont la numérotation est dorénavant nationale.

JFŻ